Décider en connaissance de cause : reprendre ou créer une entreprise ?

La " Semaine de la Transmission d'Entreprise " s'est tenue du 23 au 27 octobre dernier en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie. Reprendre une entreprise est une façon de débuter comme entrepreneur. Dans cet article, nous aborderons les avantages et inconvénients d'une reprise d'entreprise sans toutefois entrer dans les détails.

Le transfert juridique d'une entreprise peut se faire de deux manières :

via la vente des parts d'une entreprise ;

via la vente du fonds de commerce de l'entreprise, c'est-à-dire de l'ensemble des actifs et passifs.

Comparée à la constitution d'une nouvelle entreprise, une reprise présente bon nombre d'avantages, mais comporte aussi des risques potentiels.

Avantages d'une reprise d'entreprise

Commençons par les aspects positifs.

(+) Le repreneur d'une entreprise dispose immédiatement d'une structure existante et opérationnelle : l'emplacement, l'infrastructure (bâtiment, meubles, équipement informatique et machines), les clients, les fournisseurs, les partenaires, sans parler des travailleurs, sont déjà présents.

(+) En principe, le vendeur conseillera et/ou accompagnera volontier son successeur. La durée de cet accompagnement, les missions à accomplir et l'éventuelle rémunération de ces prestations peuvent être précisées dans la convention de reprise.

(+) La comptabilité permet aux établissements de crédit de contrôler et d'apprécier la santé financière de l'entreprise. Le repreneur aura, par conséquent, moins de difficultés à trouver un financement externe.

(+) Statistiquement, une reprise présente aussi plus de chances de succès qu'une création d'entreprise.

Inconvénients d'une reprise d'entreprise

Les risques potentiels à garder à l'esprit concernent :

(-) La relation de confiance. Il vous faut gagner la confiance du personnel, des clients, fournisseurs et partenaires existants de manière à ce qu'ils partagent votre vision de l'entreprise.

(-) Les éventuels motifs cachés du transfert. Il est indispensable de procéder à un examen de due diligence portant sur l'ensemble des actifs, risques et incertitudes. Cet examen vise à analyser les données comptables, financières, fiscales, sociales ainsi que les informations qui relèvent du droit des sociétés.

(-) La valeur de l'entreprise. Plusieurs méthodes permettent de valoriser une entreprise :

valorisation sur la base de l'EBIDTA, c'est-à-dire le résultat d'exploitation avant amortissements et réductions de valeur (cash flow opérationnel) ;

valorisation sur la base du rapport cours/bénéfices. Il s'agit du rapport constaté en bourse entre la valeur de l'entreprise et son dernier bénéfice net (pour les très grandes entreprises) ;

valorisation par actualisation des cash flows futurs (les perspectives de l'entreprise) ;

valorisation sur la base de l'actif net réévalué. Soulignons ici la difficulté pour le candidat acquéreur d'obtenir l'information nécessaire à l'évaluation de ces plus-values.

Une fois la valeur de l'entreprise établie, vous pouvez entamer les négociations sur le prix d'acquisition. Reprendre une entreprise coûte généralement plus cher que lancer une nouvelle entreprise similaire.

Une reprise d'entreprise est un processus complexe

Reprendre ou constituer une société n'est de toute évidence pas une décision à prendre à la légère. S'il faut certes mettre en balance les avantages et inconvénients des deux options, le choix dépendra aussi de facteurs tels que votre business plan, votre personnalité, le secteur concerné...

Bon à savoir : le candidat acquéreur qui souhaite constituer le dossier de reprise avec l'aide d'un partenaire externe peut obtenir des subsides.

La Région flamande accorde des subsides pour le financement de formations, conseils, conseils stratégiques... via le KMO-portefeuille (www.vlaio.be/kmo-portefeuille).

En Région bruxelloise, il est possible d'obtenir des subsides couvrant jusqu'à 50 % des frais engagés pour l'intervention d'un consultant externe. Consultez http://www.1819.be.

Les candidats acquéreurs wallons peuvent s'adresser à la Société wallonne de financement et de garantie des petites et moyennes entreprises (Sowalfin) qui se profile comme un guichet financier pour les PME à la recherche de solutions de financement (http://www.sowalfin.be).

Nouvelles

Les entreprises qui octroient à leurs travailleurs plus d'heures de formation que le nombre imposé par la réglementation bénéficient depuis le 1er janvier 2021 d'une dispense de versement de précompte professionnel. Si le travailleur suit au moins dix jours de formation à charge de l'employeur au cours d'une période ininterrompue de trente jours calendrier, l'employeur est dispensé de verser au Trésor un montant égal à 11,75 % de la rémunération du travailleur en question.

Depuis 2014, les banques doivent communiquer au Point de contact central ou " PCC " le nom de tous ceux qui détiennent un compte auprès de banques belges. Cela permet au fisc, dans le cadre d'une enquête, d'être informé des comptes d'un contribuable, en adressant une seule demande au PCC. Le solde ne devait pas être communiqué. Mais cela a changé au 1er janvier 2021.

La possibilité de rectifier des comptes annuels n'a en réalité été inscrite dans la loi qu'avec le nouveau Code des sociétés et des associations (CSA). Mi-2020, la CNC a adapté son ancien avis (de 2014) à ce nouveau cadre légal. La rectification ou la modification de comptes annuels approuvés peut se faire de deux manières différentes.